Réseaux Sociaux: La révolte bienveillante

Vous ne l’avez peut-être pas encore remarqué mais ces derniers temps, une révolte (très) discrète grandit sur Facebook. Peut-être même sur Twitter. Mais je ne peux pas vous le confirmer car je fais parti de ce groupe de gens un peu étrange qui n’ont toujours pas compris comment ça marche …

Oui ! Au milieu des publications de chats-trop-rigolos, de bébés loutres « so cute », de la nouvelle tendance du sourcil décoré façon sapin de Noël et de l’hommage à Johnny, apparait furtivement par moment, une petite publication qui tente d’éveiller nos consciences à un problème de société:

« LE FAUSSEMENT CONNECTÉ »

Omar Sy le formulait très bien sur le plateau de CLIQUE DIMANCHE :

« On a l’impression qu’on sait, mais on ne sait rien. On va vers le « faussement connecté » … La solitude, c’est ça l’Enfer … On est sur nous. Mais avoir un peu d’interaction, ça peut nous sauver. »

Pourquoi j’entends des amis me dire parfois: « Ça ne vas pas trop en ce moment. Je n’ai pas le moral. J’ai l’impression d’être nul. Que tout le monde s’en fout de moi, que je n’ai pas d’amis. » Alors que, lorsque je vais sur leurs comptes Facebook, je constate plus d’une centaine « d’amis » au compteur ??

Vous allez me dire: on le sait tout ça. Un « ami » Facebook n’est pas un vrai ami. On n’est pas stupide.

Et à moi de vous répondre: Non, vous n’êtes pas stupide, vous êtes dupés !

Dupé par cette dénomination très intelligente de la part de Facebook qui a bien compris que les gens recherchent la reconnaissance, l’amour, l’attention des autres. Que c’est ÇA le moteur de l’humain ! Celui qui te pousse à y retourner. Quand bien même, tu claironnes à qui veut l’entendre que: « oh moi, les réseaux sociaux, je n’y vais pas souvent. »

Je crois que la pire phrase que j’ai pu dire concernant Facebook, c’est: « J’y vais pour prendre des nouvelles des amis, de la famille. Voir les dernières photos… » Et je trouve ça terrible aujourd’hui car moi aussi, j’ai succombé à la facilité. Celle d’aller prendre des nouvelles des gens que j’aime, furtivement. Et surtout ne pas oublier de cliquer sur « j’aime » pour signifier mon passage. Un « j’aime » qui se perd au milieu des autres. Un « j’aime » qui a perdu tout son sens…

Pourquoi on en est arrivé là ?

Pas de réponse. Que des hypothèses. On a plus le temps ou on ne PREND plus le temps ? Notre temps serait devenu une denrée rare ? Si précieux qu’on l’utiliserait avec parcimonie comme si il nous était donné sous forme de tickets de rationnement ? Attention, il nous reste seulement 2 tickets de temps pour tout le mois !! 20 min à consacrer à l’autre. On doit bien choisir à qui on donne ce temps, ne pas le gâcher… ? Ou au contraire, on serait comme ces enfants trop gâtés qui ne jouent même plus avec leurs jouets, tant ils en ont ? On serait tellement gâté en nouvelles de l’autre qu’on aurait même plus envie d’entendre sa voix ?

Je suis d’avis qu’on ne peut pas accuser les réseaux sociaux pour notre incompétence à communiquer. Ce serait comme accuser les vignobles de notre alcoolisme. Rien ne nous oblige à quoi que ce soit. C’est à nous aujourd’hui d’avoir une VRAI prise de conscience. Et de faire une différence entre: « Partager avec l’autre » et « S’intéresser à l’autre ». Liker la photo de vacances de Jacqueline aux Maldives, ce n’est pas s’intéresser à elle. C’est juste lui dire qu’on a vu sa photo. Point Barre. Ça ne signifie absolument rien d’autre.

Attention, mon but n’est pas de faire la morale. Je suis dans le même bateau à la dérive que vous. Mais j’essaye humblement d’inverser la vapeur avant qu’elle nous crame la couenne. Pour nous c’est un peu foutu. On est un peu trop accros ! Je nous connais: on va faire un effort ou deux parce que c’est Noël et puis en Janvier, on reprendra nos bonnes vieilles habitudes de « Likage » compulsif. Mais il est encore temps de changer la donne pour nos enfants.

Communiquer : C’est devenu ringard ?

Voici ma seule bonne résolution pour 2018:  On va se faire un bon Back to Basic et je suis sûre que ça va vous plaire.  Parce que c’est bon d’entendre la voix de l’autre, d’entendre son sourire, de partager son inquiétude, sa joie, de se dire un mot sympa, un « gros bisou papy, je t’aime » ou un « bon courage pour le taf ma poulette » … Mais c’est surtout essentiel de sentir l’effet que cela produit sur l’autre, le bien-être, même quasi indécelable que ça lui procure. Ça remplit notre jauge d’interaction: on se sent utile, vivant. On détermine qui nous sommes. On se reconnecte avec notre place dans la Famille (Un père, une cousine, un oncle, une marraine, un petit-fils… ) et dans nos cercles sociaux (un ami d’enfance, un meilleur pote, une collègue de travail…).

Interaction = Existence

Cependant, prendre des nouvelles des proches, n’est pas suffisant. On a aussi besoin de s’ancrer dans la société. Parce que même si on ne l’aime pas cette société, même si on la critique beaucoup: on en fait partie !! C’est comme ça. Alors à moins d’aller vivre dans une grotte sur une petite île perdue au milieu du triangle des Bermudes, il va falloir faire avec. Et cette société, c’est votre boulanger, votre chauffeur de bus, votre gardien d’immeuble, votre facteur, le mec qui vous vend vos clopes, l’hôtesse d’accueil de la poste, votre medecin de famille… Avouez que lorsque la nana de la boulangerie vous reconnait et vous demande comment vous allez aujourd’hui, ça vous fait plaisir. C’est normal. Car à ce moment précis, vous existez en tant que VOUS MÊME à travers l’autre. Cette personne vous a reconnu. Elle sait qui vous êtes. En vous demandant de vos nouvelles, elle vous signifie que vous êtes bien vivant. Du coup, à l’inverse, je crois qu’on peut dire que Solitude = Non existence. Autrement dit: Solitude = Mort. (Oui je sais, c’est violent comme constat. Mais il faut souvent un choc pour amorcer un changement non ?) Alors, on sourit un peu, on observe les gens et on lance une petite phrase la prochaine fois qu’on va faire une course. Ça ne fera peut-être pas mouche la première fois, alors on persévère. Moi, mon boulanger, je l’ai eu à l’usure. Au bout d’un an, ça y est. On sent dans le regard qu’il a capté qui je suis et j’ai droit à un vrai sourire (pas le sourire de façade, made in BTS commercial). Sourire sincère que je lui rend en tout bien tout honneur.

Réapprendre à raconter

Alors que faire ? Pour cette nouvelle année qui s’annonce, je propose de faire péter les cartes de voeux. Les vraies, en papier ! Les cartes postales quand vous partez en vacances. D’inonder le facteur de bienveillance sous enveloppe. On utilise les moments « neutres » comme le trajet de retour entre le métro et chez nous ou pendant qu’on plie le linge, qu’on cuisine pour appeler quelqu’un (merci les kits mains-libres). Parce que je sais très bien que passer 20H30, on se pause devant un bon épisode et on a pas envie de papoter au tel. Enfin là, je parle pour moi mais j’ai le pressentiment que je ne suis pas la seule…

Si vous avez des enfants, faites leur écrire à leurs amis, à la maîtresse (si vous l’aimez bien), aux grands-parents… Et une fois par semaine: on compose le numéro de quelqu’un et on leur file le téléphone. Une bonne note à l’école ? Ils appellent papy pour lui dire. Un gros bobo ? On appelle tata. Une bonne blague? On appelle le cousin. Même si l’appel ne prend que 5 min, c’est pas grave. Un jour, ils n’auront pas grand chose à raconter. Puis le lendemain, on aura du mal à les faire raccrocher. Et du coup, on va s’y mettre aussi. Et si vous n’avez pas de téléphone fixe et que vous ne voulez pas leur coller à l’oreille votre smartphone, il existe des combiné à l’ancienne qui s’adapte très bien. Donc, pas d’excuses…

Et sur les réseaux ?

Pas la peine de plaquer Facebook, de dégager son compte Twitter ou de boycotter Snapchat. On les aime bien nos réseaux. Mais je vous propose de suivre l’initiative de cette personne qui a publié ceci sur son profil:

Les 5 premières personnes qui commentent ce statut, recevront, en 2018, une surprise de ma part (une lettre, quelque chose de cuisiné, d’autres trucs faits main, un livre, une invitation à boire un café… ou ce qui me viendra à l’esprit. 🙂)
Sans prévenir et quand ça me chantera. La seule chose que vous devez faire est de commenter ce statut et de publier la même chose sur votre profil.
Le but: Faire tout simplement quelque chose de bien l’un pour l’autre, sans aucune autre raison que de faire naître un sourire sur un visage et de montrer qu’on pense à l’autre.
Bonne semaine 

Ou de créer soit même sa propre publication bienveillante sous le hashtag: #JeNeLikePasJeMinteresse. Non, ce n’est pas cul cul la praloche, ni béni oui oui, ou que sais-je encore. C’est un point de départ d’une reconnection entre nous. Ou comment passer du « Faussement connecté » à un vrai « est ce que tu vas bien bordel ?

–> l’extrait de l’interview d’Omar Sy

Lili de la Roquette

Qui-suis je ?

Infirmière à domicile, maman et épouse épanouie, je suis passionnée par tout ce qui peut rendre le quotidien plus agréable. A travers ce blog, je souhaite partager avec vous mes découvertes bio, mes coups de coeur, mes looks, mes  recettes, mes moments de bonheur…N’hésitez pas à partager avec moi vos commentaires afin de former une jolie communauté du « Vintage – Naturel -Cool – Glamour et Happy ».

Au passage, j’informe mes lecteurs / lectrices d’amour que mes articles sont le fruit d’un long travail d’écriture, photos et recherches si besoin. Je ne prétend pas détenir la vérité et si une information vous paraissait erronée, n’hésitez pas à m’en faire part.

 

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