CARMEN en plein air: mon 1er Opéra en famille


Julie, on fait quoi aujourd’hui ?

Ce soir, j’ai emmené ma fille (et mon mari) assister à notre premier OPÉRA en famille: CARMEN de Bizet. On a pas encore eu le temps de debriefer tous les 3 sur notre ressenti mais j’avais envie de vous livrer le mien à chaud.

Cela faisait un moment que ça me trottait dans la tête: aller voir un opéra. Pour la petite histoire: un jour, j’ai fait écouter à ma fille l’acte le plus connu avec le fameux « l’amour est enfant de bohème… si tu ne m’aimes pas, je t’aime. Mais si je t’aime, prends gaaaAAAaaarde à TOI ! ». Un appel à l’amour, dont l’air, repris au début des années 90 pour une publicité, vantait les mérites d’un détartrant pour salle de bain. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai découvert cette chanson à l’époque. Le pauvre Bizet doit se retourner dans sa tombe… BREF ! Ma fille a adoré. Elle s’est mise à le chanter sous la douche sans arrêt (oui, l’acoustique de la baignoire est formidable pour faire des vocalises 🙂 Puis sa grand-mère lui a fait découvrir l’opéra en entier grâce à Youtube. Oui, Mamie est tout à fait à la page. Elle en a d’ailleurs une, de page: sur Facebook. Donc forcément, lorsque j’ai vu que le FESTIVAL OPÉRA EN PLEIN AIR dédiait sa nouvelle édition à la Carmencita et son toréador, j’ai foncé.

Photo: Teresa Suarez

L’avantage de ce festival est qu’en délocalisant cet art bourgeois en dehors de ses murs traditionnels, il permet à quiconque avec minimum 43€ en poche de pouvoir le découvrir dans un lieu magnifique. Et ça, c’est une idée géniale. C’était d’ailleurs le but: promouvoir l’art lyrique auprès de tous les publics sur les plus beaux sites du patrimoine français. Chaque année depuis 2001, la mise en scène d’un opéra est confiée à une personnalité publique. Et sur ce coup là, on est particulièrement bien tombé puisqu’après La Traviata par Arielle Dombasle en 2015 et Les Noces de Figaro par Julie Gayet en 2017, c’est à Radu Mihaileanu, réalisateur des films césarisés « Va, vis et deviens » et « Le Concert » de proposer une interprétation de Carmen.

Source: operaenpleineair.com

Vous l’avez compris, nous sommes des novices en la matière. Ne vous attendez donc pas à une critique pointue ici. Quoique … après lecture de l’article d’Olyrix.com, on a bien repéré aussi « le manque de soutien dans les graves » de l’artiste Pierre Doyen qui joue Escamillo, le toréador amoureux de Carmen. Sauf qu’on se l’ai dit plus simplement avec un discret « Dis, il est un peu bof bof le toréador par rapport aux autres non ?! » (Ah j’ai dit qu’on était novice… je ne vous ai pas menti.) Enfin après, il nous en a mis plein la vue donc le débat était clos.

D’ailleurs Olyrix n’est pas franchement tendre avec les choix scénique du metteur en scène ou avec les prestations des artistes. Mais c’est un site qui est spécialisé dans les représentations lyriques et qui s’adresse donc à un public avertit.

Humblement, ici, je dirais que j’ai passé un TRÉS agréable moment. Mon regard oscillant entre la scène et la beauté du site. Avec en prime, le soleil couchant sur les remparts dans un joli dégradé de rose. La mise en scène, calée à la perfection, offrait ses 2 derniers actes à la nuit tombée, exactement comme dans l’histoire. Superbe idée aussi d’utiliser l’une des ailes du château comme partie intégrante du décor avec un beau jeu de lumières et les choeurs chantant aux fenêtres.

L’Opéra, c’est trop long…

J’avais peur que que les 3 heures de spectacle soient difficiles à encaisser, que l’un de nous s’impatiente, s’ennuie et veuille partir avant la fin… Mais rien à déclarer de ce côté. Au contraire ! Certainement aussi grâce aux 2 écrans « spécial sous-titres ». Bien placés sans occulter la vue sur la scène, ils permettaient de comprendre toutes les paroles chantées ou non. C’est juste l’idée du siècle ! Les artistes étant de nationalités diverses, les textes, même bien articulés, ne sont pas toujours compréhensibles. La faute à leur accent et à cette technique de chant qui arrondie les notes à l’extrême. C’est joli mais si on y comprend rien, c’est vraiment dommage. Par conséquent, 8 ans me semble l’âge minimum requis pour profiter pleinement du spectacle. Les enfants sont toujours plus patients lorsqu’ils comprennent ce qu’ils vivent.

L’Opéra, le placement…

J’avais peur qu’on ne voit pas grand chose. Et j’avoue que c’est le seul point négatif de cette expérience. On était au dernier rang de la partie Orchestre, sur le côté. Ma fille a dû rester sur nos genoux ou accroupie sur sa chaise pour voir quelque chose. Certes, je n’avais pas choisi les places les plus chères mais quand même. Du coup, je vous conseille de choisir une place plutôt en gradin « haut ». Elles font souvent parties des places les moins chères mais au final, vous aurez une vue d’ensemble et vous apprécierez bien mieux le spectacle que les « bien lotis » de la partie Orchestre assis les uns derrières les autres. Si vous avez une petite paire de jumelle, n’hésitez pas. Sinon, ça ne coûte pas grand chose sur internet et ça peut servir de nouveau (au zoo, concert, spectacles, en forêt, bord de mer…). Et mille merci à la chef régisseuse qui a eu la merveilleuse idée de nous mettre des chaises plutôt que des bancs ! Ça permet de bien reposer le dos, surtout quand on a un enfant de 20 kg sur les genoux. Tous ces petits détails sont à vérifier quand vous achetez votre place. Parfois, les plus chères ne sont pas forcément les meilleures.

L’Opéra, ce sont des histoires ennuyeuses…

J’avais peur que l’histoire ne plaise pas… IMPOSSIBLE ! Une histoire d’amour tragique entremêlée de moments drôles. Des textes à la portée de tous. Des personnages charismatiques. Une Carmen qui change d’amoureux comme de chemise. Un Toréador qui roule des mécaniques. Un prétendant désespéré prêt à tous les sacrifices pour l’amour de Carmen. Des Soldats coureurs de jupons… Et cette musique qui remplit l’espace… Moi j’ai eu le frisson, j’ai ris, j’ai eu pitié de ce pauvre Don José que Carmen repousse après lui avoir fait tout quitter, j’ai eu envie de fredonner les airs les plus connus et au moment où j’écris cette article, il est presque 3h du matin et pourtant j’ai très envie de me passer le vinyle de Carmen avec La Callas que ma maman m’a offert. Il est très clair que demain Dimanche, je vais casser les oreilles de mes voisins 😉

A bientôt

Lilie de la Roquette

Photo: Teresa Suarez

 

 

 

 

 

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